Le récent livre de la journaliste Pascale-Dominique Russo, « Souffrance en milieu engagé », lance un pavé dans la mare du secteur de l’économie sociale et solidaire (ESS). Il démontre, témoignages édifiants à l’appui, que le burn-out est courant parmi les travailleurs de ce secteur. Leur souffrance est d’autant plus profonde que les entreprises où ils ont choisi de travailler affichent des valeurs humanistes et vertueuses.

Le contexte mouvant du secteur de l’ESS

Rappelons quelques éléments : le secteur de l’ESS regroupe des associations, des mutuelles, des coopératives ou encore des fondations poursuivant un but d’utilisé sociale. Au total, elles comptent 4,2 millions de salariés en France, dont 25 % en CDD (contre 15 % dans les entreprises marchandes).

Il s’agit le plus souvent de sociétés à but non lucratif aux valeurs fortes et attractives, misant sur les idéologies de l’engagement, du militantisme et du civisme. C’est donc avant tout la passion et l’adéquation avec les projets de ces sociétés qui poussent les postulants à les rejoindre.

Toutefois, les crises financières rendent la situation très complexe pour ces sociétés. Pour s’en sortir, elles doivent se regrouper, réduire leurs effectifs et se positionner non plus comme partenaires des pouvoirs publics, mais comme prestataires performants et les moins coûteux possibles.

Une souffrance au travail plus difficile à exprimer

La souffrance qui en découle pour les salariés se traduit de deux manières qui s’additionnent :

  • Un épuisement professionnel et émotionnel accru, lié aux charges de travail excessives et aux sous-effectifs structurels.
  • Une dissonance cognitive liée aux méthodes de managériales en contradiction avec les valeurs affichées : les convictions des débuts ont laissé place au « social business » et la logique militante entre en conflit direct avec des exigences toujours plus hautes.

La spécificité de la souffrance des salariés du secteur de l’ESS tient au fait qu’elle est souvent passée sous silence et qu’elle est d’autant plus difficile à exprimer qu’elle n’est pas toujours comprise. Comment se plaindre lorsque l’on travaille dans un milieu dont on partage les idéaux et les projets ? C’est donc la double peine pour les salariés : souffrir et culpabiliser de souffrir. Voir l’ouvrage “Te plains pas c’est pas l’usine” de Lily Zalzett et Stella Fihn.

La cécité des instances dirigeantes élues et le manque de préparation des associations face au quotidien des salariés a laissé bâtir des organisations pathogènes et schizophréniques. Il en découle, dans le pire des cas, des rapports hiérarchiques brutaux, des injonctions à la quantité, des salaires bas.

Alors que, lorsque l’on travaille dans une association, on souhaite y trouver d’abord du sens, et non une logique de profit.

En quoi un accompagnement peut vous aider ?

Vous êtes manager, dirigeant d’une association ou entreprise du secteur de l’ESS et vous rencontrez cette situation ? Un accompagnement adapté vous aidera à enrayer la souffrance de vos équipes et à améliorer sensiblement leur qualité de vie au travail.

Je vous aide à prévenir collectivement les risques psychosociaux grâce à une formation spécifique. Vous apprendrez à détecter les signaux de mal-être au sein de vos équipes et à mettre en place des actions simples et efficaces pour prévenir l’épuisement émotionnel, source de burn-out.

Je vous accompagne en outre dans la reconstruction d’un lien relationnel de qualité au sein de votre entreprise grâce à la médiation. Vous serez en mesure de rétablir la confiance dans votre équipe, de résoudre des conflits et de pratiquer une communication bienveillante.

Pour aller plus loin :

– « Souffrance en milieu engagé » de Pascale-Dominique RUSSO, Editions du Faubourg, 2020

– « Te plains pas, c’est pas l’usine, l’exploitation en milieu associatif » de Lily Zalzett et Stella Fihn, Niet!Editions, 2020

– Podcast « Faut-il souffrir pour faire le bien ? » Marie Semelin, Travail (en cours), 8 octobre 2020,

https://louiemedia.com/travail-en-cours/18-souffrance-ess